L’auto-entrepreneuriat, l’intérim et le freelancing se hissent en tête du classement des nouvelles formes de travail que les jeunes actifs français pourraient envisager d’adopter, d’après notre étude Page Personnel-Michael Page/Ifop « Les grandes tendances du marché du travail »*. Pourquoi ces formes de travail alternatives sont-elles tant prisées par les moins de 35 ans ? Quel est le profil de ces jeunes actifs qui les choisissent ? Et finalement, sont-elles en passe de détrôner les formes traditionnelles de travail ? Éléments de réponse.

L’auto-entrepreneuriat ou comment créer sa propre activité en toute sérénité

Contrairement aux idées reçues, créer sa micro-entreprise est un projet de vie qui attire majoritairement les jeunes actifs : 45% des moins de 35 ans contre seuls 40% des plus de 35 ans envisagent de se lancer dans l’auto-entrepreneuriat. Et pour cause, le statut d’auto-entrepreneur séduit les jeunes par sa simplicité et par la fiscalité avantageuse qui lui est associée. En effet, avec ce statut, la création d’entreprise et le paiement des cotisations sociales sont proportionnelles au chiffre d’affaires ce qui permet de tester un projet sans risque ou presque. Et les jeunes actifs semblent parfaitement au fait des avantages de l’auto-entrepreneuriat puisqu’ils sont 82% à déclarer connaître cette forme de travail.

Si l’auto-entrepreneuriat plait autant aux jeunes actifs, c’est aussi parce qu’ils peuvent l’adopter en complément d’une activité salariée, mais aussi à titre principal pour créer leur propre emploi en cas de chômage ou, dans le cas des jeunes diplômés, pour créer une première activité faute de trouver immédiatement un emploi salarié. En 2019, ce sont ainsi pas moins de 400 000 micro-entreprises qui ont vu le jour, soit une hausse de 25% sur un an, selon l’Insee. Et il y a fort à parier qu’avec la crise sanitaire de 2020 – rendant plus difficile l’insertion professionnelle des jeunes –, ils soient encore plus nombreux à envisager cette possibilité et, in fine, à se lancer.

Le statut d’auto-entrepreneur, s’il présente bon nombre d’avantages, comporte également des inconvénients. Créer son entreprise demande non seulement un investissement et une motivation sans faille, mais aussi un carnet d’adresses bien fourni. C’est pourquoi, qu’ils soient salariés, chômeurs ou jeunes diplômés, ces actifs se rencontrent la plupart du temps dans des espaces de co-working pour échanger, nouer des relations et tester leurs idées pour créer une activité viable. En effet, le statut d’auto-entrepreneur ne protège pas contre les éventuelles dettes contractées et on ne peut prétendre à aucune assurance chômage en cas de cessation d’activité.

Le freelancing : un vrai choix de carrière pour les jeunes en quête d’indépendance

Exit l’image du jeune freelance précaire, forcé de se mettre à son compte « faute de mieux » en attendant un « vrai » emploi. Aujourd’hui, cette forme de travail est un véritable choix de carrière, pour les jeunes diplômés comme pour les actifs plus confirmés : 31% des 18-24 ans et 37% des 25-34 ans pourraient envisager de devenir freelance. Par ailleurs, le freelancing jouit d’une certaine notoriété auprès des moins de 35 ans puisqu’ils sont 73% à déclarer connaître cette forme de travail. Les actifs travaillant dans les secteurs de l’information/communication et de la banque/finance/assurance sont significativement mieux informés sur cette forme de travail que le reste des actifs (82% et 71% respectivement). Et pour cause, le recours au freelancing est une pratique répandue dans ces secteurs, qui se prêtent particulièrement à ce mode de travail.

Les jeunes actifs qui choisissent cette forme de travail, le font en grande partie pour s’extraire des nombreuses contraintes inhérentes au statut de salarié : 33% des moins de 35 ans qui connaissent cette forme de travail la caractérisent par l’autonomie et la liberté mais aussi, dans une moindre mesure, par la flexibilité (13%). En effet, devenir freelance c’est être maître de son emploi du temps, du choix de ses missions et de ses conditions de travail par opposition à ce que l’entreprise et son fonctionnement imposent aux travailleurs. En contrepartie, ce choix de carrière est aussi synonyme d’incertitudes puisque les revenus peuvent fluctuer en fonction de l’activité et du contexte économique (lors de la crise du Covi-19, les travailleurs indépendants ont été parmi les premiers touchés). Malgré cela, seuls 10% des jeunes actifs citent l’insécurité quand on les interroge sur leur vision de cette activité. Il y fort à parier que la notoriété de cette forme de travail va encore croitre puisque 55% des jeunes actifs pensent que cette forme de travail est celle qui va le plus se développer dans les 5 ans à venir.

L’intérim, une clé pour travailler son employabilité quand on est jeune diplômé

Le travail temporaire est la forme de travail la mieux identifiée par les jeunes actifs : 90% des moins de 35 ans déclarent connaître cette forme de travail. Et pour cause, les missions de travail temporaire, qu’il s’agisse d’intérim généraliste ou spécialisé, accompagnent le lancement de nombreuses carrières. C’est pourquoi, l’adoption de cette forme de travail est particulièrement populaire chez les jeunes diplômés : 50% des 18-24 ans (et 43% des 25-34 ans) sont prêts à choisir le travail temporaire, contre 41% de l’ensemble des actifs.

Et pour cause, cette forme de travail séduit par les nombreux avantages qui l’entourent. Pour les jeunes diplômés, il s’agit premièrement d’une bonne alternative pour entrer plus rapidement sur le marché de l’emploi sans attendre de décrocher le sacro-saint CDI, mais aussi pour certains, d’affiner leur projet professionnel au sortir de l’école en testant sur un laps de temps réduit différents types de postes et environnements. Parmi les 18-24 ans, 18% citent ainsi « la diversité des missions » lorsqu’on leur demande de qualifier l’intérim. Devenir intérimaire, c’est aussi une formidable opportunité de travailler son employabilité en développant ses compétences au fil d’expériences variées et, in fine, de se construire un réseau professionnel menant, bien souvent, au CDI. Enfin, le travail temporaire ce sont aussi des avantages sociaux (offre de formation, services du FASTT, etc.) et financiers non négligeables (indemnités de fin de mission, indemnités compensatoires de congés payés, primes, etc.). Concernant ce dernier point, les jeunes diplômés plus que les autres actifs semblent l’avoir bien compris puisque 26% citent la rémunération avantageuse comme qualificatif premier de l’intérim, contre seuls 9% des actifs de 35 ans et plus.

Néanmoins, et contrairement au freelancing et à l’autoentrepreneuriat, cette forme de travail souffre encore trop souvent d’une image négative chez les jeunes diplômés : 17% des 18-24 citent l’insécurité et 13% évoquent la précarité. Pourtant, si l’intérim a été la première forme d’emploi touchée massivement par la crise du coronavirus avec la mise à l’arrêt de nombreux secteurs tels que la restauration ou le BTP par exemple, elle sera aussi la première à se relever en sortie de crise. En effet, de par son caractère flexible, et dans un contexte incertain, il est probable que de nombreuses entreprises lanceront en premier lieu des projets de recrutements pour des postes en CDD ou en intérim. Les jeunes diplômés 2020 auront donc tout intérêt à se diriger vers cette forme de travail s’il veulent s’insérer rapidement sur le marché de l’emploi.

*Enquête réalisée avec l’IFOP sur un échantillon représentatif de 1824 actifs occupés, dont 1004 cadres en février 2020.
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