Alors que les métiers techniques sont en plein essor, la réalité du terrain en matière d’emploi et de recrutement se révèle complexe. Selon notre étude « Ingénieurs et Techniciens : le nouveau visage du recrutement* », 70 % des candidats en recherche active ou en veille considèrent aujourd’hui avoir du mal à trouver un poste quand, parallèlement, les entreprises peinent à trouver les talents dont elles ont besoin. Et pour cause ; les techniciens ont parfois du mal à comprendre l’entreprise et maîtrisent mal les codes du recrutement. Pour pallier le décalage de perception entre recruteurs et candidats, voici 5 conseils à l’attention des ingénieurs et techniciens pour mieux se vendre en entretien.

1. Etre plus ouvert aux opportunités

Aujourd’hui, les ingénieurs et techniciens cherchent tous à intégrer un grand groupe ou une start-up. « Dans l’imaginaire collectif, le grand groupe les rassure car il est synonyme pour eux d’une bonne rémunération et d’évolution ; la start-up est quant à elle signe d’une grande liberté. De manière générale, ils sont trop prudents et je les invite à prendre plus de risques en sortant du schéma traditionnel. Les PME et TPE peuvent être aussi très intéressantes d’un point de vue de la rémunération et de l’évolution », souligne Julien Weyrich, Directeur senior de la division Ingénieurs & Techniciens chez Page Personnel. Sur la question des salaires, l’ouverture d’esprit est également de mise. Julien Weyrich prévient : « gare aux grilles salariales avancées par les écoles d’ingénieurs qu’il faut lire avec attention ». En effet, ces dernières sont quelque peu faussées car les salaires communiqués par les anciens élèves ne correspondent pas toujours à des postes d’ingénieurs à proprement parler, mais plutôt à des postes dans les secteurs de l’audit, du conseil ou du commerce.
>> Pour en savoir plus sur les salaires des Ingénieurs (Ingénieur Bureau d'Etudes, Ingénieur d'Affaires, ...) et Techniciens (Technicien de Maintenance, Technicien Méthodes, ...), consultez notre étude de rémunérations.

2. Penser à long terme  

Switcheurs par excellence, les ingénieurs et techniciens peuvent souffrir d’une mauvaise réputation quant à leur capacité à rester fidèle à leur première entreprise. Selon notre étude*, 83 % envisagent de changer de poste au cours de l’année à venir. En général, constate Julien Weyrich, « les ingénieurs restent deux voire trois ans dans leur première société, ce qui est très court. » Les entreprises sont donc aujourd’hui plus frileuses à recruter des jeunes ingénieurs et techniciens. Par ailleurs, lorsqu’elles recrutent, elles veulent désormais une personne opérationnelle immédiatement, ne prenant ainsi plus le temps d’investir sur ces jeunes talents qui quitteront trop rapidement l’entreprise. Aussi, lors des entretiens, il convient de questionner les futurs employeurs sur les perspectives d’évolution et de formation au sein de la structure plutôt que d’envisager d’emblée la relation sur du court terme. Certes, « c’est bien de changer mais c’est bien aussi de rester suffisamment longtemps dans une société pour s’aguerrir », insiste Julien Weyrich. Ces questions vont également rassurer le futur employeur qui y verra le signe d’une réelle projection dans son entreprise.

3. Miser sur les soft skills 

Aujourd’hui, le diplôme d’ingénieur n’est plus le seul sésame pour trouver un emploi. En effet, « près de la moitié des candidats sont écartés en entretien par les entreprises pour des problématiques de savoir-être », constate Julien Weyrich. Si les compétences techniques demeurent toujours primordiales afin de séduire les recruteurs, ces derniers sont aujourd’hui de plus en plus exigeants quant à la personnalité des candidats et leurs soft skills : ils cherchent des profils adaptables, autonomes et possédant un véritable esprit d’équipe. Il est également essentiel que les valeurs du futur collaborateur et de l’entreprise soient en phase. Ces qualités personnelles transparaissent généralement lors de l’entretien ou sur le CV. Par exemple, « un candidat qui aura montré sur son CV qu’il n’a pas toujours choisi la facilité suscitera davantage l’attention du recruteur » explique Julien Weyrich. Par ailleurs, on peut travailler ces fameux soft skills dès la formation puisqu’en effet de plus en plus d’écoles d’ingénieurs, conscientes des enjeux, proposent dans leur cursus de suivre des matières telles que de la communication et des ressources humaines. Dès lors, il ne faut pas hésiter à s’orienter vers ces modules pour se démarquer par la suite sur le marché de l’emploi. 

4. Maitriser les codes de l’entretien d’embauche

A travers leur formation initiale, les profils techniques ne sont pas toujours suffisamment bien armés pour faire face aux exigences des processus de recrutement et ne maîtrisent pas forcément les codes de l’entretien d’embauche. En effet, la ponctualité, la préparation de l’entretien, … sont des qualités de savoir-vivre qui font parfois défaut aux candidats ingénieurs et techniciens. Comme l’indique Julien Weyrich, « un candidat ponctuel qui a préparé l’entretien fait aujourd’hui la différence, tant cela est devenu rare. Il y a seulement dix ans, la sélection s’opérait sur d’autres critères, car la ponctualité ou la préparation étaient des évidences. » Pour l’entretien, les candidats sont souvent « formatés » par leurs écoles, alors le meilleur moyen de se singulariser reste de préparer l’entretien : Qui va-t-on voir ? Pour quel poste ? Que fait l’entreprise, quelles sont ses valeurs, ses ambitions ? Autre point que ces derniers négligent également trop souvent : la présentation. Pour mettre toutes les chances de son côté, il est préférable de troquer le traditionnel jean / baskets pour une tenue plus professionnelle

5. Adopter les codes de l’entreprise

Maitriser les codes de l’entretien d’embauche, c’est aussi maitriser les codes de l’entreprise. Et là aussi, les ingénieurs et techniciens, - notamment les plus jeunes - ne semblent pas suffisamment préparés. Pour Julien Weyrich, cela s’explique par le fait que « la plupart arrivent sur le marché de l’emploi, avec un seul stage de 6 mois dans une entreprise. Il y a donc un inévitable décalage par la suite. » En entretien, il faut donc davantage adopter le langage de l’entreprise qui est celui des objectifs et des résultats. Pour Julien Weyrich, « il faut se montrer impliqué dès cette phase d’entretien et éviter de poser d’emblée des questions logistiques sur les tickets restaurants ou les 35 heures. » L’idéal étant, et c’est un avis partagé par un nombre croissant d’employeurs, de ne pas négliger l’alternance lors de la formation car sur le terrain des savoir-être, elle permet un gain important. Enfin, il faut savoir rester humble car aujourd’hui beaucoup de candidats arrivent en terrain conquis. Et on le sait, dans le monde de l’entreprise, les compétences humaines comptent tout autant que les compétences techniques.
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*Étude réalisée par Page Personnel auprès de 653 répondants (ingénieurs et techniciens) en novembre 2018
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