Ces dernières années, dans un marché de l’emploi porteur, on avait observé une spécialisation croissante des postes dans les Ressources Humaines. Qu’en est-il aujourd’hui, dans un marché bouleversé par la crise du Covid-19 ? Du spécialiste au généraliste, retour sur les dynamiques qui structurent les départements RH des organisations et font évoluer les métiers et les missions des professionnels de la fonction. 

Que se passe-t-il dans un marché RH dynamique ? 

Mécaniquement, lorsque le marché se porte bien et que les entreprises sont en croissance, les besoins en recrutement augmentent. En conséquence, et principalement dans les entreprises dont les effectifs sont importants, cette augmentation du nombre de collaborateurs entraîne différents types d’ajustements, et génère une plus grande spécialisation métier au sein de la fonction RH. 

Un département RH resserré, assurant les tâches généralistes, se renforcera ainsi avec des Chargés de recrutement, mais aussi avec des experts de l’administration du personnel et de la paie, de la formation et du suivi des collaborateurs. En effet, étoffer ses effectifs revient à activer simultanément plusieurs leviers RH pour garantir le bon fonctionnement de l’entreprise, l’intégration et la rétention des collaborateurs et leur performance au sein d’un collectif. Les créations de postes et la spécialisation de certains rôles autour de projets spécifiques (Chargé de recrutement dédié au recrutement d’alternants par exemple, HR Business Partner, Compensation & Benefits Manager, Chargé de Formation, …) apparaissent alors.  
Le développement de l’entreprise peut même entrainer un changement dans la gestion du cadre légal (création d’un CSE, BDES, élections professionnelles …..). Dans une telle situation, un généraliste RH ne peut plus couvrir seul l’intégralité des missions et des obligations légales de la fonction RH ; le recours à des profils plus spécialisés émerge alors. 

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Dans un marché en perte de vitesse, les RH redeviennent généralistes

À l’inverse, lorsque le marché ralentit (crise économique, sociale, environnementale, …), on observe un phénomène de rétraction et un recentrage sur le cœur de métier. Les effets de la récente crise sanitaire se lisent ainsi dans le marché de l’emploi RH. La demande en profils spécialisés avait chuté dès l’annonce du confinement et ne reprendra pas avant l’amorce d’un nouveau cycle positif, dans un contexte économique plus lisible et serein. Sans visibilité, les entreprises restent prudentes et sont aujourd’hui pour beaucoup dans de la gestion de trésorerie plus que dans une phase d’essor. En conséquence, certaines missions d’intérim ont pris fin dès le mois de mars 2020, de nombreuses entreprises ont mis sur pause leurs projets en cours et la reprise des recrutements se fait progressivement. L’heure n’étant plus au recrutement de masse, le Chargé de recrutement, très en vogue jusqu’à l’année dernière, est dans l’obligation de se réinventer. Les gestionnaires paie restent eux très sollicités et ont été de véritables acteurs de la mise en place du chômage partiel dans les organisations. Mais de manière générale, il est aujourd’hui demandé aux RH de se placer en véritables business partners dans les domaines clés que sont le social, la mobilité interne et la gestion des compétences. Objectif ? Garantir la pérennité de l’entreprise dans un contexte économique tendu. 
Les postes spécialisés s’effacent donc temporairement pour laisser place à, ou redevenir, des postes généralistes. 

Par Mathilde Martin, Practice Manager RH chez Page Personnel

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