A l’heure où se dessine une sortie de crise et où l’idée d’un « monde d’après » est dans tous les esprits, nous avons voulu savoir ce qu’il en était vraiment pour le monde du travail. Cette crise va-t-elle laisser une empreinte durable dans les organisations ? Les ajustements mis en place dans l’urgence vont-ils perdurer ? Quels ont été les freins et les opportunités ? Une entreprise plus responsable est-elle en train de se dessiner ? Réponses au travers des principaux enseignements de notre étude IFOP, menée auprès de 500 décisionnaires RH.

les freins et les opportunités RH de la crise du covid

Le télétravail progresse et se pérennise… mais le bureau va rester la norme

Avant le début de la crise sanitaire, 1 décisionnaire RH sur 3 (33%) déclarait qu’aucun collaborateur de son entreprise n’avait recours au télétravail comme mode de travail principal (+ de 50% du temps) ; ils ne sont plus que 18% aujourd’hui soit deux fois moins. Si le télétravail a été mis en place à marche forcée, il fait aujourd’hui partie intégrante des organisations et de la vie de toute une génération de « néo-travailleurs », toutes deux séduites par ce mode de fonctionnement. Et pour cause, respectivement 66% et 39% des décisionnaires RH estiment que la crise sanitaire a accéléré la transformation digitale de leur entreprise et augmenté la productivité des collaborateurs.

Néanmoins, le 100% télétravail, et donc l’éloignement physique, a ses limites, notamment en ce qui concerne les relations sociales, la santé et la culture d’entreprise. Les décisionnaires RH interrogés voient ainsi la crise sanitaire comme un frein pour :

  • Le maintien du lien social entre les collaborateurs (48%)
  • L’amélioration de la santé physique des collaborateurs (44%)
  • Le renforcement de la culture d’entreprise (42%) 
  • La formation des collaborateurs (40%)
  • La prévention des risques psycho-sociaux (39%)

C’est pourquoi, si avant mars 2020, seuls 4% des interviewés affirmaient que l’ensemble des collaborateurs étaient en télétravail 100% du temps, cette proportion n’atteint que 6% actuellement. Cette faible évolution pour cette tranche extrême, laisse présager qu’en dépit d’une accélération impressionnante du recours au télétravail, très peu d’entreprises vont rompre totalement avec le travail en présentiel. Une organisation du travail hybride, alternant présentiel et « distanciel » se dessine donc pour l’avenir, avec la mise en place de règles pour lui donner un cadre.

Les réflexions sur les modes et environnements de travail prioritaires par rapport aux aspects humains

Au gré des annonces gouvernementales liées à la crise sanitaire, les organisations ont mis en place des actions correctives et entamé des réflexions en vue d’adapter au mieux leur modèle à la nouvelle donne actuelle. 3 entreprises sur 4 ont ainsi mené en 2020 ou vont mener cette année des réflexions sur les aspects opérationnels du travail tels que :

  • La flexibilité des horaires et des modes de travail
  • Le management
  • Le matériel et les outils informatiques mis à dispositions des salariés
  • La réorganisation des espaces de travail (« flex-office », bureaux individuels, réduction des locaux, etc.)

A noter, une forte résistance au changement sur ces sujets de la part des entreprises qui n’ont aucun collaborateur en télétravail actuellement : elles sont respectivement 39% et 43% à déclarer ne pas prévoir de s’interroger sur l’organisation du travail et sur les environnements de travail.

Dans une moindre mesure, les décisionnaires RH ont mené ou prévoient de mener également cette année des réflexions sur la formation (71%), clé pour accompagner les salariés dans leurs nouvelles conditions de travail, et sur l’accompagnement psychologiques des collaborateurs (65%). Ce dernier chiffre est pour le moins surprenant alors même que 80% des décisionnaires RH observent des modifications (nervosité, agressivité, lassitude, démotivation) dans le comportement de leurs collaborateurs.

La culture d’entreprise, pourtant essentielle pour maintenir l’engagement et fédérer le collectif à l’heure de la distanciation physique, se trouve quant à elle reléguée au second plan avec seulement 60% des entreprises ayant mené ou prévoyant de mener des actions sur ce sujet cette année. Enfin, dans un contexte économique où les trésoreries des entreprises ont été fragilisées, c’est sans surprise que l’activation de leviers de motivation financiers n’apparaît pas comme une priorité cette année pour 39% des décisionnaires RH.

La RSE, une priorité pour les entreprises, renforcée par la crise du covid-19

La crise sanitaire a amené tout un chacun à s’interroger sur une société plus vertueuse, écologique et équitable. Preuve en est, 75% des décisionnaires RH déclarent que la crise sanitaire a fait évoluer les mentalités au sein de leur organisation sur les questions sociétales et environnementales. Ce constat est particulièrement partagé par les Franciliens (83%), les DRH ou RRH (84%), et dans le secteur de l’Agriculture et Industrie (80%) et les entreprises de 50 à 99 salariés (86%) et de 500 à 999 salariés (85%).

Néanmoins, comme le révèle notre étude, les entreprises n’ont pas attendu la crise sanitaire pour engager des actions en matière de Responsabilité Sociétale (RSE), mais celles-ci se sont renforcées, à des degrés divers, selon les types d’actions :

  • Actions visant à favoriser la diversité et l’inclusion : c’est dans ce domaine que la hausse est la plus faible. Et pour cause, avant la crise, 40% des entreprises menaient déjà des actions pour lutter contre les discriminations (travailleurs handicapés, femmes, seniors, ...), notamment sous l’impulsion des mesures législatives. Elles sont aujourd’hui 65% à mener des actions en ce sens et 11% prévoient de le faire ;
  • Mise en place une politique d’achats responsables : 29% des répondants indiquent qu’une telle politique existait déjà dans leur entreprise avant le début de la crise sanitaire, 26% soulignent sa mise en place depuis, soit un doublement de l’engagement sur ce plan. Par ailleurs, 17% ont pour projet de mettre en place cette action, preuve d’un réel engouement pour le sujet ;
  • Organisation ou participation à des actions solidaires permettant le reversement de fonds à des associations : la moitié des entreprises mènent aujourd’hui ce type d’action dont 27% avant mars 2020 et 23% depuis. A noter : ce sont les grosses structures qui sont majoritaires à avoir effectivement mis en place ces projets (64% des entreprises de 500 à 999 salariés) ;
  • Mécénat de compétences : c’est l’action qui a été la plus favorisée par la crise puisque seules 21% des entreprises disposaient d’actions en ce sens avant la crise alors qu’elles sont aujourd’hui 46%. L’attrait grandissant pour ce sujet est confirmé par le fait que 13% ont l’intention de tester ce type d’action cette année.

Au-delà du devoir éthique pour protéger la planète et les générations futures, les entreprises ont parfaitement compris que la RSE est plus que jamais incontournable pour se démarquer sur le marché, comme pour attirer les talents de demain.

>> Lire aussi : La thématique durable devient incontournable dans les offres d’emploi.

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